En 1973, Alain Peyrefitte interpellait l’opinion publique française, dans un essai resté célèbre, sur l’émergence d’un nouvel acteur économique et politique stratégique, la République Populaire de Chine. Plus de trente années plus tard, ses prévisions sont d’ores et déjà vérifiées dans le domaine énergétique, comme a pu le constater une délégation conjointe des groupes d’études sur les énergies de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui s’est rendue en Chine du 17 au 24 avril dernier. Cette mission souhaitait mesurer l’ampleur des besoins chinois en matière d’électricité, prendre connaissance des perspectives de production et de transport, et évaluer l’intérêt du marché chinois pour les entreprises françaises du secteur de l’énergie.

Trois conclusions essentielles en ressortent :

1. Pour accompagner un développement économique très dynamique, la Chine fait face, depuis quatre ans, à une véritable explosion de la demande d’énergie, et plus particulièrement de l’électricité,

2. Elle envisage de répondre à ce défi de la demande en s’inspirant du modèle européen de marché, et a déjà restructuré en profondeur son secteur électrique en séparant les activités régulées (notamment le transport d’électricité) des activités en concurrence,

3. Compte tenu de l’ampleur des enjeux, et de l’image positive de notre pays en Chine, il existe de véritables opportunités pour les entreprises françaises du secteur qui peuvent, à l’avenir, réaliser dans ce pays une part importante de leur chiffre d’affaires à l’international. Rappelons que l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit que dans les 30 prochaines années, la Chine devrait investir 1910 milliards d’US $ dans le secteur électrique.

Source: RTE

Image: Charlie Loyd

 

Publié par Michel Derdevet

Membre du Directoire d’Enedis, dont il est le Secrétaire Général. Essayiste français spécialiste dans l'énergie, il est également enseignant à l'Institut d'Études Politiques de Paris et au Collège d'Europe de Bruges.