La canicule de l’été 2003 a mis en exergue le rôle central de RTE, Réseau de Transport d’Électricité, non seulement comme entreprise de service public acheminant l’électricité dans notre pays, mais également comme acteur essentiel du marché européen de l’énergie. Cette position de RTE, consacrée par la deuxième directive électricité du 15 juillet 2003, est le fuit d’une longue histoire, commencée au début du siècle dernier dans le sud-ouest du pays par la construcion du premier réseau régional d’électricité interconnectée, sous l’impulsion de la Compagnie du Midi. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 entreprises assuraient en France le transport de l’électricité. À partir de 1946, avec la création d’Électricité de France, établissement public national industriel et commercial, l’État regroupe dans une même entreprise les fonctions de production, de transport et de distribution d’électricité. Ce modèle intégré a permis à la France de considérablement développer et moderniser son réseau électrique, RTE disposant à ce jour de 100 000 km de lignes à haute et très haute tension. La mise en place dans les années 60 du marché commun et le développement des échanges transfrontaliers a conduit le système de transport d’électricité, jusque là national, à s’adapter pour faciliter la mise en place d’un vaste réseau européen interconnecté, base d’un marché intérieur de l’électricité efficace. Avec l’ouverture de ce marché à la concurrence à partir de 1996, RTE entre dans une nouvelle phase, marquée par la mise en place d’une indépendance claire du gestionnaire de réseau de transport par rapport aux producteurs et aux distributeurs d’électricité. Managériale, comptable et financière dès la loi du 10 février 2000, cette indépendance sera juridique d’ici le 1er juillet 2004, aux termes de la deuxième directive électricité. Coeur du service public de l’énergie, les réseaux seront dans les mois à venir au carrefour de choix technologiques, économiques et politiques essentiels (mis en perspective sous un jour nouveau par l’incident survenu aux États-Unis le 14 août 2003). Ils symbolisent en effet le nécessaire maintien d’une action publique en la matière.

Source: RTE 

Image: Charl Christiani

Publié par Michel Derdevet

Membre du Directoire d’Enedis, dont il est le Secrétaire Général. Essayiste français spécialiste dans l'énergie, il est également enseignant à l'Institut d'Études Politiques de Paris et au Collège d'Europe de Bruges.