CulturesMonde s’intéresse toute cette semaine aux « angles morts » des politiques européennes à l’occasion de la campagne pour les élections du 25 mai. Par angles morts, entendre : les dossiers peu ou pas abordés dans la campagne, par les principaux candidats ou les principales formations politiques européennes.

Quoi de plus logique que de commencer par l’inexistante Europe de l’énergie ?

Ces derniers jours le commissaire européen à l’énergie Günther Oettinger appelait à un « prix commun du gaz pour les pays européens » après les pressions du Kremlin contre les pays d’Europe orientale…

De ce dossier aux soubresauts de l’affaire Alstom, les indices convergent, et amènent à faire le constat d’un déficit de coopération européenne en matière de politique énergétique et industrielle.

Ce « manque d’Europe » dans un secteur aussi capital que celui de l’énergie est d’autant plus difficile à comprendre que dans ses origines, la coopération européenne se fonde sur un accord d’exploitation du charbon et de l’acier (CECA, 1951). Oui mais voilà, depuis quelques années l’Europe s’inscrit dans une logique intergouvernementale (à l’opposé de l’intégration, du fédéralisme) dans laquelle chaque Etat garde jalousement ses prérogatives dans les domaines qu’il estime stratégiques. Et si des dispositions européennes existent bel et bien pour donner un cadre aux politiques européennes de l’énergie – le  » paquet  » climat énergie adopté en 2008 – ces dispositions se déclinent suivant des logiques nationales. Bien plus encore, ces mesures pensées pour accompagner la transition énergétique datent d’une époque antérieure à la crise économique mondiale, à l’accident nucléaire de Fukushima, et donc aussi à la décision allemande de sortir du nucléaire. Sans parler bien sûr de la situation ukrainienne, qui menace l’approvisionnement en gaz d’une immense partie de l’Europe.

Les géants du secteur eux-mêmes se montrent inquiets de cette situation, et pointent

Une Europe de l’énergie peut-elle encore voir le jour ? Quels sont les impératifs de cette gouvernance énergétique, dans le contexte de la transition énergétique et de la crise ukrainienne ?

Nous aborderons ces questions tant techniques que politiques avec deux experts : Michel Derdevet (Sc Po, Collège de Bruges, ERDF) et Patrice Geoffron (Dauphine) mais aussi une experte des questions stratégiques en Europe de l’Est, Viviane du Castel

Intervenants :
  • Viviane du Castel : analyste géopolitique, spécialiste de l’Europe centrale et des Etats baltes.
  • Michel Derdevet : enseignant à Sciences Po et au Collège d’Europe à Bruges, membre du directoire d’ERDF.
  • Patrice Geoffron : Professeur d’économie, directeur du Laboratoire d’économie de Dauphine et du du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières de l’université Paris-Dauphine.

Source: franceculture.fr

Publié par Michel Derdevet

Membre du Directoire d’Enedis, dont il est le Secrétaire Général.
Essayiste français spécialiste dans l’énergie, il est également enseignant à l’Institut d’Études Politiques de Paris et au Collège d’Europe de Bruges.